La Petite Parenthèse 2026 : pourquoi je reviens à Persac
Posté le 05 août 2026 par Actualités de ZiicZaac — 14 min
Il y a des lieux où l'on joue une fois, puis il y a ceux où l'on espère revenir un jour. Ma musique m'a conduit dans beaucoup de villages, de marchés et de festivals entre la France et l'Europe du Sud, mais certains endroits laissent une trace qui dépasse largement le concert.
Dans quelques semaines, je reprendrai la route du Grand Chemin, à Persac, pour participer à La Petite Parenthèse 2026. Cette fois, je n'y reviendrai pas seulement avec ma guitare. J'y reviendrai avec le plaisir de retrouver des amis et de partager une première marche musicale née, presque naturellement, de ce que nous avons vécu ensemble l'an dernier.
Il y a des festivals que l'on quitte difficilement
Lorsque je suis arrivé à Persac l'année dernière, le festival était encore en préparation. La cuisine et le bar évoluaient en permanence, tandis que la fresque derrière la scène était sur le point de naître. Chacun allait d'une tâche à l'autre, et les idées circulaient autant que les personnes.
Très vite, quelque chose m'a frappé.
Les discussions n'étaient jamais expédiées. Elles prenaient le temps d'exister.
On pouvait parler de musique, de l'organisation du festival, de l'évolution du Grand Chemin, mais aussi de sujets beaucoup plus larges, de ce qui fait vivre un lieu, de ce qui rassemble des personnes autour d'un projet commun.
J'ai rencontré Marie, PV, Lauriane, Franck et beaucoup d'autres. Je n'avais pas la sensation d'être « l'artiste programmé » qui arrive quelques heures avant son concert pour repartir aussitôt après.
J'avais plutôt le sentiment d'entrer dans une aventure collective déjà commencée.
Au fil des discussions, l'idée est apparue que la date du festival pouvait peut-être évoluer. Je n'ai pas cherché à convaincre qui que ce soit. J'ai simplement partagé quelques observations liées à mon expérience des événements estivaux. Ce qui m'a touché, ce n'est pas que cette possibilité ait été retenue. C'est qu'elle ait été réellement discutée.
Je crois que c'est à ce moment-là que j'ai compris que La Petite Parenthèse ne serait pas un festival comme les autres.
J'avais raconté cette première rencontre dans La Petite Parenthèse, un festival à taille humaine. Ce nouveau récit en prolonge aujourd'hui le chemin.
Le Grand Chemin est déjà une invitation à marcher
Chaque matin, avant que la chaleur ne s'installe, je partais marcher.
Parfois seul.
Parfois avec ma guitare.
Le Grand Chemin est entouré d'une forêt qui semble avancer à un autre rythme. On y entend les feuilles sèches craquer sous les pas, même lorsque l'on croit marcher doucement. Le sol est couvert d'un humus épais, presque intact, qui rappelle combien ce bois reste peu traversé.
Ces promenades sont rapidement devenues un rituel.
J'y ai trouvé le calme dont j'avais besoin pour préparer ma journée. La lumière filtrait entre les arbres, l'air était encore frais et la musique semblait trouver naturellement sa place dans cet espace.
C'est d'ailleurs dans cette forêt que j'ai tourné la vidéo de mon arrangement Isn't She Lovely de Stevie Wonder. Je cherchais un endroit suffisamment ouvert pour laisser respirer l'image, tout en restant protégé du soleil qui devenait déjà puissant en fin de matinée.
Lorsque je revois cette vidéo aujourd'hui, je n'entends pas seulement la guitare.
J'entends aussi les feuilles sous mes pieds.
Je revois cette lumière.
Et je comprends pourquoi ce lieu m'a autant inspiré.
Il y a quelques semaines, en écrivant Un nouveau répertoire acoustique pour les beaux jours, je me suis rendu compte que cette manière d'adapter ma musique aux lieux avait encore évolué. Le Grand Chemin fait partie de ces endroits qui rappellent qu'une musique acoustique ne cherche pas à remplir un espace. Elle cherche d'abord à l'habiter.
Une musique qui allait naturellement vers les gens
Le jour du festival, on m'avait laissé une grande liberté.
Mon rôle consistait à accueillir les visiteurs.
Alors, sans vraiment y réfléchir, je suis parti à leur rencontre.
Je quittais le site pour rejoindre les champs où les voitures se garaient. J'accueillais les familles dès l'ouverture de leur portière, puis nous revenions ensemble jusqu'au festival, en musique.
Lorsque je repartais, ce n'était jamais exactement par le même chemin.
Petit à petit, cette manière de jouer m'a conduit à déambuler dans tout le Grand Chemin.
Autour de la scène.
Entre les stands.
Près de la cuisine.
Au milieu des conversations.
Je n'avais pas construit un parcours.
Je suivais simplement le mouvement du lieu.
C'est probablement là que j'ai vécu mon plus beau souvenir de cette édition.
Dans la cuisine, quelqu'un s'est spontanément mis à chanter avec moi Les Mains d'Or de Bernard Lavilliers.
Puis une autre voix s'est ajoutée.
Puis une autre encore.
Nous étions tous serrés les uns contre les autres, chantant à pleine voix comme si cette chanson avait toujours fait partie du festival.
Derrière nous, sur la scène, Toma Sidibé réglait tranquillement sa guitare.
Je me souviens de l'avoir entendu sourire. Oui, le sourire, ça s'entend.
Quelques secondes plus tard, il avait pris sa guitare et nous accompagnait tout naturellement.
C'est peut-être pour cela que ce moment est resté gravé dans ma mémoire.
Ce jour-là, j'ai compris un peu mieux ce que j'essaie de construire depuis des années.
La musique vivante ne dépend pas seulement des chansons.
Elle dépend surtout des personnes qui acceptent de les faire vivre ensemble.
Une marche musicale née d'une évidence
Quelques mois plus tard, mes amis de Persac m'ont proposé une idée qui m'a profondément touché.
Ils avaient observé ma manière de jouer.
Ils se souvenaient de ces allers-retours entre les voitures, les stands, la cuisine, la scène et les chemins.
Ils connaissaient le Grand Chemin mieux que personne.
Ils n'ont pas imaginé cette marche musicale à partir d'un catalogue d'animations. Ils l'ont imaginée en regardant ce que je faisais naturellement, dans un lieu qu'ils aiment profondément.
Ils ont rapproché ces deux réalités et m'ont demandé d'animer une marche musicale.
J'ai immédiatement répondu oui.
Pas parce que c'était une nouvelle animation.
Parce que j'avais le sentiment qu'elle existait déjà, sans que nous lui ayons encore donné ce nom.
Une marche musicale n'est pas un concert que l'on déplace.
Elle invite le public à vivre une expérience où la promenade, le paysage et la musique acoustique avancent au même rythme.
Ce n'est pas non plus une randonnée accompagnée de quelques chansons.
C'est une manière de marcher ensemble, de laisser le paysage devenir une partie de l'écoute, d'accepter que la musique apparaisse, s'éloigne, puis revienne au détour d'un chemin.
Je crois que ce format correspond profondément à ma manière de jouer depuis des années. Il prolonge naturellement ce que j'explique dans Pourquoi je joue sans ampli ? et dans ma philosophie de la musique acoustique : une musique sobre, mobile, jouée au plus près des personnes plutôt qu'au-dessus d'elles.
Quelques semaines auparavant, j'ai eu l'occasion de retrouver cette même proximité lors de Parc en Fête à La Croix-en-Touraine, où la musique circulait déjà librement entre les stands, les jardins et les visiteurs.
Cette fois, à Persac, elle prendra la forme d'un chemin partagé.
Dans quelques semaines...
Le samedi 22 août 2026, La Petite Parenthèse ouvrira de nouveau ses portes au Grand Chemin, à Persac.
Il y aura des concerts, des contes, des ateliers, une restauration, un espace de camping, des artistes, des bénévoles et cette atmosphère de festival à taille humaine qui fait l'identité de La Petite Parenthèse.
Il y aura aussi cette marche musicale que j'aurai le bonheur d'animer.
Les informations pratiques et les réservations sont disponibles sur la billetterie officielle de La Petite Parenthèse. Les préparatifs et la vie du lieu sont également partagés sur le compte Instagram de La Petite Parenthèse.
Questions fréquentes
Quand a lieu La Petite Parenthèse 2026 à Persac ?
La Petite Parenthèse aura lieu le samedi 22 août 2026 à partir de 14 h, au Grand Chemin, à Persac dans la Vienne. La marche musicale commencera à 14 h 30 et durera environ une heure trente.
Qu'est-ce qu'une marche musicale ?
Une marche musicale est une expérience collective pendant laquelle le public avance avec le musicien. La promenade, le paysage et la musique acoustique évoluent ensemble, sans scène fixe, sans micro et sans sonorisation.
Qui anime la marche musicale à La Petite Parenthèse ?
La marche musicale sera animée par Ziic Zaac, également écrit ZiicZaac. Je jouerai guitare-voix en avançant avec les participants sur les chemins qui entourent le Grand Chemin.
Peut-on manger et camper sur place ?
Une buvette et une restauration sont prévues pendant le festival. Il est également possible de camper sur place afin de prolonger la soirée sans reprendre immédiatement la route.
Pourquoi je reviens à Persac
Il existe des festivals où l'on joue.
Et il existe des lieux où l'on continue de construire quelque chose longtemps après que la dernière chanson s'est tue.
C'est pour cela que je reviens à Persac.
Musicien nomade pour vos événements
Je joue sans scène ni sonorisation, en déambulation ou au plus près du public, pour des festivals, des marchés, des cocktails et des événements à taille humaine.